Un jour que je puis rédiger facilement ; un jour court.
Il commença par mon rendez-vous de 8h à un petit stand posé à côté d’un arbre, entre la Calle 11 et la Careta 5. Un rendez-vous avec un cordonnier pour réparer mon sac qui montre des signes de faiblesses.
Sitôt réparer, je le remplis à nouveau. Puis en profite pour me faire une toilette complète — chose rare, ces derniers temps.
En demandant la navette pour Carthagène, on m’annonce qu’elle part à l’instant ! Encore un départ à l’arrache sans manger.
Le chauffeur est vraiment mauvais : il ne connait pas le coin et est obligé de demander plusieurs fois sa route pour ramasser les autres passagers. On fait un détour par Taganda pour en ramasser d’autres. Cela me permettra d’avoir un rapide aperçu de cette ville !
Les normands avaient raison la ville ne vaut pas le coup : elle est plutôt laide. Son seul charme est d’être lover dans le creux d’une belle anse. Taganda, c’est aussi la ville qui borde le parc de Tayrona ; c’est aussi la ville où se mèle les indiens et la civilisation.
La route reprend.
Peu après Santa Marta, après Ciénaga, la route devient magnifique, posée sur une fine bande de terre. Bande frappée par les Caraïbes à droite et plongeant dans un lac à perte de vue : la terre de l’autre côté est à peine visible.
Je parie sur l’embouchure du Magdalena, c’est en fait la Ciénaga Grande de Santa Marta. Il y en aura d’autres par la suite mais point aussi jolie.
Contrastant avec ce paysage, les cabanes des habitants qui tracent une courbe parallèle à la route. D’un aspect qui fleurte avec celui des bidonvilles, elles évoquent la misère, prise en étau par ces murs d’eau.
La route continue sur Baranquilla. J’ai bien fait d’éviter cette ville industrielle que la pluie matraque. Plusieurs segments de route sont rapidement couverts et couvrent les chevilles des jeunes qui s’en emparent. On dépose quelques personnes et on reprend la route. Enfin on essaye. Après plusieurs tentatives et plusieurs sollicitations externes, le chauffeur finit par trouver la voie. Encore un peu, j’allais brandir mon sabre et lui couper la tête^W^W^W^W^W^wtéléphone et lui indiquer le chemin avec mon GPS.
Le chemin reprend sur un paysage forestier qui m’emporte chez Morphée. Les soubresauts de la route m’y font guère rester longtemps.
À l’orée de la ville, le chauffeur s’arrête et sollicite un guide pour aborder le cœur de la cité. En l’attendant, on discute entre passager sur le bord de la plage : il y a un couple de français, un israélien, un italien (c’est le premier) et deux australiens.
L’air y est plus lourd qu’à Santa Marta.
Le peu que je vois de la ville annonce une ville qui mérite son prestige. Les bâtiments sont jolis et dégage une histoire que j’ai toujours eu du mal à sentir dans les villes coloniales.
À l’arrivée, dépôt des affaires et courses pour les deux/trois jours à venir. Je me fais une superbe omelette aux poivrons, tomates, oignons, fromage avec des pâtes. Je vais finir par prendre du poids à manger autant. J’apprécie également la légère sueur qui me surprend à la fin du repas. Si manger sous une heure tardive me vaut une telle réponse corporelle, je vais déguster les jours qui suivent. J’ai aussi une pensée pour le Rajastan qui m’attend.
Rencontre avec un jeune colombien qui travaille aux impôts dans le Boyaca. On discute cuisine, langues, économie. J’y apprends que :
- même s’il n’arrive pas au niveau du Vénézuéla voisin, le premier produit exporté par la Colombie est le pétrole.
- l’Amérique du Sud a continué à croître, bien que lentement, après la crise de 2007
- la Colombie est le pays d’Amérique du Sud qui a eu la meilleure croissance pendant cette période,
- cette année est difficile pour la Colombie avec la chute des courts des matières premières due à la crise en Chine et l’augmentation de la production aux États-Unis. Bref, une journée tranquille. Je vais même pouvoir rattraper un peu mon retard ! Rencontre avec un argentin. C’est le deuxième ce soir. Et ils me font peur ! Avec leur accent à couper au couteau, je bloque sur leur espagnol et peine avec leur anglais. Ils sont tous deux de Buenos Aires. Le second à un trajet qui ressemble au mien. Venant de Tayrona, il poursuit sur Medellin en avion. Dans le coin, les possibilités sont de toutes manières limitées. Aujourd’hui, il donne des cours de web design et de programmation en espagnol à Amsterdam. Il finit son repas et la discussion, je reprend mon blog.








