Les nuages s’aglutinent auprès des montagnes. Est-ce par peur de ce perdre dans le ciel Seuls, à la merci du moindre vent ? Est-ce par peur du vide ? Les nuages semblent tristes, là-bas. Les aventuriers et conteurs sont partis.
Camino Real
Le chemin historique entre Barichara et Guane. Beaucoup de descente, peu de rencontres.
Sous l’heure matinale, j’aperçois un homme qui se rase dehors, le miroir accroché sur le mur extérieur. Ici, ce n’est pas la dernier fois que je verrai ce genre de disposition.
Son chien ou son enfant s’appelle Esteban…
Guane
Petit village qui m’accuille par un son de salsa avant de se révéler à moi.
Malheuseument, ce n’est pas un orchestre local mais une simple radio.
Suivant un rituel bien rodé, je me rends sur la place du village, seul endroit boisé pour me poser à l’ombre. Puis recherche du musée. Oui, le village est petit mais il comporte un musée, qui est finalement déniché sur un côté de la place. Ce n’était pas trop dur. Il n’est pas encore 9h et le musée est fermé. Petit tour à l’église puis je me pose à nouveau, à l’ombre, devant le musée, observant la vie locale. Le vendeur d’ananas qui a fait le déplacement au village…
Sans trop y croire, j’assite à l’ouverture tranquille du musée par Cecilia. Étant le seul client, j’ai le droit à visite privé, en espagnol s’il vous plait, de ce musée. La première partie couvre la paléontologie et expose des fossibles dont nombre d’ammonites, dont certaines sont plus grandes que mon ventre. Une image montre une reconstitution de cette époque et casse l’image que je me faisait de ces coquillages !
En dehors de cela, rien que de très commun dans les parties pré-colombiennes et conquête espagnole : des pièces, des machines d’époques, une momie, l’explication de la formation des crânes de cristal (cf. Indiana Jones IV)… Oui, il y a des tributs indiennes qui déformaient le crâne de leur enfant pour obtenir ce genre de formes. Il est dommage que leur collection de crânes n’en comprennent pas.
Ensuite petit déjeuner ! Puis dégustation de la boisson locale, la chicha. Boisson fermentée donc alcolisée, elle n’était pas recommandée pour la randonnée que je reprends une fois le verre achevé.
Et c’est ainsi que je quitte la capitale des anciennes tributs qui dominaient la région.
Rando
C’est donc reparti. La route consiste à suivre les papiers jaunes.
Ça commence mal, j’hésite sur le départ. Je commence, rebrousse chemin sur un doute, redemande confirmation, et c’est parti !
Le chemin monte.
Je rencontre une colonne de randonneurs. Je discute un peu avec l’avant garde, on se présente. Je ne retiendrais d’eux quatre que Ronaldo et Manuala qui est surprise par mon prénom.
Les deux groupes suivants passent sur un bonjour amical.
Le dernier, un couple, me demande si j’ai besoin de quelque chose en leur indiquant que je vais à Villanueva puis si je connais le #### (je n’ai guère retenu le nom). Besoin de rien mais non, je ne connais pas. C’est ainsi que j’ai reçu mes deux premiers morceaux de Lembas – petit carré enrobé d’une feuille séchée.
Le chemin monte. L’eau perle de mon front pour abreuver la terre.
Le chemin monte.
Curieux de ce Lembas, j’en mange une bouchée.
Avant de découvrir que l’intérieur n’est qu’un carré de Panuela. Avant de me dire que manger la feuille n’est peut-être pas une bonne idée.
Je garde le second pour demain. La journée sera plus dur.
La route consiste à suivre des papiers jaunes. Papier que l’on ne trouve point lors des quelques intersections de ce périples.
Par trois fois je prends le mauvais chemin, sur quelques dizaines de mètres. Par trois fois, le GPS de mon téléphone me remet dans la bonne direction.
Ma carte n’indique que mon chemin, routier, même quand je croise d’autres routes, même quand mon chemin consiste en un sentier où mes jambes fouettent la végétation qui borde les deux côtés.
Les prairies et champs environnant sont familiers. On dirait ceux de nos contrés. Ici, il y a juste l’arrière-plan que change, qui se dérobe pour mieux montrer les montagnes environnantes.
Le sommet fut particulier. Par une habitude naissance, je prends le temps d’y manger et de déguster une pitipaya et le paysage. Le temps montre les dents et apporte une brise qui me gèle, étreint par ma chemise trempée. Qu’importe j’en change.
Le sommet fut particulier. Par deux fois, je pris le mauvais chemin. Ni la route de droite, ni la route de gauche. Simplement un petit chemin, filou, qui se faufile entre des buttes de terre.
La fin est facile. Ce n’est qu’une descente. J’arrive à 12h30.
Villanueva
Après mon habituel rituel, je pars à la recherche d’un hotel. Un commerçant m’indique le chemin.
En route, je m’arrête à une droguerie, petit commerce courant, pour y acheter un sac de 6L d’eau.
J’y resterai jusqu’à 19h30 !!
Au cours de cette après-midi je discuterai avec les commerçantes :
- Du tourisme naissant ses bienfaits et ses méfaits sur la région. Le tourisme a également engendré une augmentation du trafic de drogue local, une augmentation de la prostitution.
- Du racisme. Notament, de la différence que cela impliqué entre touristes américains et européens.
- De l’égalité des sexes. Des rôles très marqué entre fille et garçon, et de leur place dans la société. Ici, les femmes restent généralement à la maison, tiennent les boutiques, les restaurants, les comptes, pendant que les hommes sont dehors… L’une d’elle aurait souhaité que sa fille fut un garçon pour cette différence. La situation reste toutefois meilleur que dans certains pays.
- De géopolitique. Du Moyen-Orient, d’une autre contrée. Des problématiques liées aux processus de paix local. Officiellement lancée depuis 2 ou 3 ans, elles pensent que la paix recherchée n’ait que la version officielle. La version officieuse étant que la paix implique un arrêt / une baisse d’activité pour de nombreux métiers (police, police privée, militaires).
- Du cursus éducatif qui est relativement similaire au notre mais offre quantité de spécialisation au niveau du lycée que nous n’avons pas.
- Des climats et cultures locales,
- De nos vies respectives.
Après quelques courses supplémentaires, après la nuit tombée, après la pluie, je reprends la route. L’hôtel recommandé se dresse, imposant sur la colline. Des chevaux rodent librement près du portail, Un ascenseur à l’arrêt permet de gagner la réception. Je ne me sens pas à ma place ici.
Je monte.
Arrivé à l’accueil, j’aperçois que le réceptionniste qui vient à ma rencontre. Sur la table de réception repose une imposant mitraillette. Je vois les prix qui me font rires. Premier prix 280 000 $. C’est à la fois en dehors de mon budget. À ce prix là, autant faire du parapente. Et cela reste bon marché pour un hôtel quatre étoiles (moins de 100€).
N’ayant pas réussi une négociation pour laquelle je n’avais pas vraiment d’espoir (réduction de 90%), je demande un autre hôtel.
Le réceptionniste m’indique le San Michel de l’autre côté de la ville. Tant mieux, cela me rapproche pour demain.
Je vais donc à San Michel avec mon sac à dos et mon sachet de 6L d’eau.
Et, sous cette fière allure, je me fais aborder par un petit groupe de jeunes (à partir de 3, on parle de groupes).
Ici les sujets de discussions varient, ils s’intéressent à qui je suis, ce que je fais ici, ce que je fais dans la vie, combien je gagne (parfaitement conscient des taux de change et de l’intérêt qu’il peut y avoir à passer ici).
Ils insistent pour me faire goûter une glace – production locale — qui est vraiment pas mal.
Ils se demandent pourquoi je suis célibataire, et j’avoue que la discussion sur les critères qui font un couple à de quoi surprendre.
Leur principale critère est l’argent, le secondaire est le physique.
J’essaye de leur expliquer qu’il n’y a pas que cela à prendre en compte, comme l’état d’esprit, comme le fait de partager des passions. J’omets (je ne sais plus si c’est délibéré) de parler de cette discussion que j’eue un soir d’août, autour d’un feu, en Bretagne, sur la passion et le bonheur.
Parmi eux, l’un parle anglais, un autre se nomme Andreas. Quand aux autres, je devrais réussir à les retrouver, vu que j’ai donné mon compte Facebook.
Ce qui fut également l’occasion d’expliquer pourquoi la seule donnée visible sur mon profil est une photo de Pangolin en guise de portrait. Je crois que le concept de vie privé est difficile à faire comprendre en espagnol.
Après quelques photos, quelques messages que l’un deux voulu envoyer à sa copine en anglais. Messages que je du refaire plusieurs fois et pour lesquels je dû rester simple : l’espagnol finissant souvent par remplacer l’anglais dans les phrases.
Ils insistèrent ensuite pour que j’aille boire un verre avec eux, même non alcoolisé, mais ce fut un refus : il était 22h30, levé à 5h avec 5h de rando dans les jambes et la même chose le lendemain. Et j’avoue qu’avec mon sac, je ne pouvais m’empêcher de me faire du soucis pour mes affaires.
L’un d’eux me conduit à l’hôtel et s’assure qu’il ne manque rien.
À l’hôtel, je m’effondre dans mon lit, après avoir essayer sans succès le wifi.
Plusieurs fois les gens des environs me demandèrent ce que je pensais des habitants du Santanders (le département), et bien je dois avouer qu’ils sont honnêtes et ont un sens de l’étiquette très développé. Leur seul défaut est qu’ils sont curieux et qu’ils parlent trop………
Comme son nom laisse penser Villanueva n’est pas une ville coloniale ou précolombienne, au contraire, elle est très récente et ne présente aucun intérêt architecturale, mais il y a de la vie et on peut volontier y passer du bon temps. À la base, j’aurais voulu aller dans une salle de billard, un café après avoir trouvé mon hôtel. Ce n’est pas tout à fait ce que le destin m’a offert et j’en suis satisfait. Il faut juste que je pense à faire un tour sur FB pour ajouter des contacts.
Note : Si toi aussi, tu me connais et tu n’es pas mon contact sur FB. Ne te donne pas la peine de m’ajouter. Ce n’est pas grâce à FB que je prendrais ou que je te donnerais de tes/mes nouvelles. Quand à la communication, il existe bien d’autres moyens. Au pire, utilise les commentaires ou lit les CGU









































































































































